Virus syncytial : enfin un vaccin, un espoir pour des dizaines denfants hospitalisés chaque année – RTBF

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Presque tous les enfants ont été infectés par le Virus respiratoire syncytial avant leur deuxième anniversaire. S’il est souvent bénin (nez qui coule), le RSV, comme l’appellent communément les scientifiques, est à l’origine de la plupart des bronchiolites chez les bébés, et provoque parfois même des pneumonies.

La docteure Anne Tilmanne connaît bien le virus. “Chaque année, de la fin du mois de novembre jusqu’au début du mois de janvier, les trois quarts de nos lits de la salle pour nourrissons de moins de deux ans sont occupés par des enfants infectés par le RSV et un peu plus de la moitié de nos lits en soins intensifs également”, explique cette infectiologue à l’hôpital des enfants Reine Fabiola (HUDERF). Parfois, les enfants subissent des traitements très invasifs. “Ça peut avoir des atteintes très sévères. Chez nous, on a chaque année entre trois et dix ECMO (oxygénations extracorporelles) qui sont dues à l’infection par RSV “. Les poumons des enfants sont alors tellement malades qu’ils ne peuvent plus respirer par eux-mêmes. Leur sang est oxygéné, via une machine, en dehors de leur corps.

Des injections d’anticorps pour protéger l’enfant

A l’heure actuelle, il existe une seule manière de protéger les enfants à risque. “Jusqu’à maintenant on peut injecter des anticorps au patient, mais leur durée d’action est courte. On est seulement couverts pour un mois. Chez les enfants à risque comme les grands prématurés ou les enfants avec des pathologies cardiaques importantes, on doit réinjecter ces anticorps chaque mois pendant la période du RSV”. C’est une sorte de vaccin, un “vaccin passif” puisqu’il consiste en une injection intramusculaire d’anticorps. “La différence avec un vaccin classique, c’est que lorsque vous administrez un vaccin, vous provoquez une réponse immunitaire. Vous vous attendez à ce que le corps produise ses propres anticorps. Dans ce cas-ci, on injecte directement l’anticorps, qui a une durée de vie limitée. C’est pourquoi l’effet de cet anticorps est limité dans le temps”.

Un anticorps plus puissant : “Intéressant et prometteur”, selon Anne Tilmanne

Selon l’étude parue récemment dans le New England Journal of Medicine, il existerait donc un anticorps beaucoup plus puissant, dont l’action couvrirait toute la saison où sévit le RSV. Les enfants prématurés qui ont reçu une injection de cet anticorps ont été cinq fois moins hospitalisés que les enfants du groupe témoin qui avaient reçu le placebo. Ces différences sont restées constantes tout au long de la période de 150 jours qui a suivi l’administration de la dose, quelle que soit la région géographique où le test a eu lieu. “Avec cette nouvelle molécule, il serait possible d’avoir une seule injection pour une couverture beaucoup plus longue, donc oui, ce sont des données intéressantes”, estime le Dr Anne Tilmanne.

Encore faudra-t-il que d’autres études viennent confirmer ces résultats. Cette étude, bien que tout à fait digne de foi et publiée dans une revue scientifique de renom, a été financée par la firme qui produit ce fameux anticorps. ” Il faudrait que d’autres études soient faites, sur d’autres enfants, pas forcément prématurés “. Et puis, si tout cela se confirme, pour vraiment changer la donne et protéger largement les enfants du virus, il faudrait que cette injection ne soit pas impayable.

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