A Marseille, Innate Pharma à la recherche dun traitement contre la Covid – Made in Marseille

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L’équipe des chercheurs de Marseille Immunopole, cluster international de spécialistes en immunologie, a publié hier les résultats de son étude Explore Covid-19, dans la revue scientifique Nature.

On vous en parlait il y a quelques semaines, la société marseillaise Innate Pharma emploie “une armée” de chercheurs pour trouver un traitement adapté aux complications graves du coronavirus. Il vient d’annoncer aujourd’hui la publication d’un article dans la revue scientifique Nature, intitulé « Association of COVID-19 inflammation with activation of the C5a-C5aR1 axis », écrit par les chercheurs d’Innate en collaboration avec les Hôpitaux Universitaires de Marseille – AP-HM (Hôpital de la Timone et Hôpital Nord), l’Hôpital Laveran, l’Université Aix-Marseille (AMU), le Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (Inserm, CNRS, AMU) ainsi que le laboratoire d’immunoprofiling de Marseille Immunopôle / AP-HM à l’Hôpital de la Timone.

L’objectif de ces recherches était de comprendre la réponse immunitaire chez les patients atteints de différents stades de la maladie et d’identifier de nouveaux moyens potentiels de combattre l’infection virale. « Cette étude exploratoire nous encourage, car nous commençons à comprendre l’impact de la réponse immunitaire sur la progression du COVID-19 et les voies susceptibles de moduler cette réponse » a commenté le Professeur Eric Vivier, directeur scientifique d’Innate Pharma et professeur à l’AP-HM, AMU et au Centre d’Immunologie de Marseille Luminy (Inserm/CNRS/AMU).

Les résultats de l’étude

L’étude a montré que chez les patients qui progressent vers une forme sévère de la Covid-19, dont ceux présentant une pneumonie sévère ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), on observe une activation de la voie C5a/C5aR1. Plus particulièrement, les chercheurs ont observé des niveaux élevés de C5a et une suractivation des cellules myéloïdes dépendantes de C5a, qui contribueraient à l’inflammation des poumons.

Cette étude se concentrait sur avdoralimab (IPH5401), un anticorps au stade clinique, bloquant C5aR1 (CD88). Avdoralimab empêche le recrutement et l’activation des cellules myéloïdes induits par C5a. Actuellement, Innate évalue avdoralimab en oncologie, fournissant des données de pharmacocinétiques et de tolérance en amont de son exploration dans la Covid.

Les résultats publiés dans Nature suggèrent que le blocage de la voie C5a-C5aR1 pourrait être considéré comme une stratégie thérapeutique potentielle pour les maladies respiratoires graves associées au SARS-Cov-2. L’analyse a montré que le blocage de la voie C5a-C5aR1 pourrait limiter l’infiltration des cellules myéloïdes aux sites inflammatoires et prévenir l’inflammation pulmonaire associée à un SDRA chez les patients atteints de COVID-19.

« Sur la base des résultats de cette étude, la Société a précédemment annoncé le début d’un essai clinique indépendant, nommé FORCE. Cet essai de Phase II randomisé est en cours, évaluant en double aveugle avdoralimab chez des patients atteints d’un COVID-19 entrainant une pneumonie sévère » explique Innate Pharma.

Pour lire le papier, accédez à la publication en ligne de Nature.


Pour vulgariser !

Après une infection à Covid-19, dans une seconde phase, alors que le système immunitaire a « terminé le travail » pour éliminer le virus, il s’emballe et entraîne une hyper-inflammation des poumons. Une complication observée chez 15 % des patients. Elle peut déboucher sur un Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), tristement connue dans les services de réanimation durant l’épidémie.

C’est autour de cette complication que les chercheurs de Explore Covid-19 ont travaillé. Le premier essai clinique de l’avdoralimab, vise donc à maîtriser la « sur-réponse immunitaire » entraînant les complications respiratoires graves.

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